EXERCER LA PROFESSION D’AVOCAT À L’ÉTRANGER

Jeanne Larose, rédactrice en chef

En 2017, notre précieux journal étudiant célèbre ses vingt ans mais aussi, son arrivée sur une toute nouvelle plateforme web. Dorénavant, vous pourrez accéder aux textes de vos collègues en quelques clics, tout en gardant la possibilité de vous emparer de l’une de nos superbes copies papier à la sortie d’un cours. Pour commencer l’année en beauté, je souhaite vous faire rêver en abordant les possibilités de travail à l’étranger pour les avocats canadiens. Ce sont des avenues qui n’obligent pas à retourner sur les bancs d’école du pays d’accueil pour reprendre le bac à zéro. Pour ceux qui regrettent de ne pas être partis en échange, ne vous en faites plus : Voici quelques portes qui vous sont grandes ouvertes.

1. Les cabinets de Londres et de New York
Ces destinations ne surprendront personne, étant donné que le droit canadien et le droit américain puisent leur source du droit anglais. Il est d’ailleurs préférable d’avoir la formation de Common Law pour y travailler, ce qui s’obtient en un an à la suite du baccalauréat. Il est fréquent de voir de jeunes avocats se diriger vers les cabinets des États-Unis et de l’Angleterre dans le but d’accéder à une meilleure rémunération et du même coup, à un emploi plus sophistiqué à l’image des séries télé. De leur côté, les cabinets apprécient particulièrement les avocats canadiens, leur attribuant une excellente capacité d’adaptation et une formation hors pair selon l’avocat Éric Dufresne. Par contre, il peut être difficile de réintégrer le marché juridique canadien après une période d’absence prolongée. C’est donc une opportunité à soupeser longuement.

2. Le domaine du droit international
S’il y a un champ d’expertise en droit qui fait voyager, c’est bien le droit international ! Et les avocats québécois y sont en demande, favorisés par leur pratique mixte du droit et leur bilinguisme selon Me Geneviève Dufour, responsable de maîtrise à l’Université de Sherbrooke. En effet, pour travailler dans une cour de justice internationale, il faut une ouverture sur les différents systèmes juridiques existants. De plus, le choix du champ d’expertise est large, allant du droit criminel au droit commercial, en passant par les droits de la personne. Me Dufour en dit d’ailleurs que « tout ce qui peut être fait au Québec peut être fait en droit international. » Avec une aussi belle occasion vient un important contingentement. Comment se démarquer pour faire carrière en droit international ? Apprendre différentes langues, avoir de bons résultats scolaires et rédiger des articles pour des revues spécialisées sont les expériences qui forment les candidats les plus intéressants.

3. Arrangement de reconnaissance mutuelle avec la France

Dans le but de simplifier la mobilité des professionnels, la France a conclu une entente de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles avec le Québec en 2008. Parmi la liste des professions reconnues, on y retrouve les avocats, qui n’ont dorénavant qu’à passer un examen de contrôle des connaissances pour devenir membre d’un barreau français, et vice-versa. Il est cependant nécessaire d’être déjà membre du barreau du pays d’origine. La communauté d’avocats québécois en France grandit d’année en année. Me Philippe Bouchard, avocat québécois à Paris, conseille aux avocats qui souhaitent faire carrière à l’étranger de suivre des études de 2e cycle pour se démarquer, plus spécifiquement dans les domaines reliés au droit comparé ou au droit international.

La loi du plus fort ou comment l’Occident profite de l’Afrique – l’exemple du Mali

Rodrigo Olmos-Hortiguela

 Source: http://www.nouvelle-europe.eu/l-aide-humanitaire-de-l-union-europeenne-avec-lisbonne

Source: http://www.nouvelle-europe.eu/l-aide-humanitaire-de-l-union-europeenne-avec-lisbonne

Ne nous cachons pas derrière un voile, qui dit pays en Afrique pense souvent de façon automatique à la pénurie, la pauvreté, la détresse et la corruption. S’il y a bien une chose que nous apprenons sur l’Afrique dès notre plus jeune âge, c’est qu’il fait bon vivre au Canada.  Bref, il n’existerait pas une telle chose comme le « African dream ».

Mille et une organisations s’entendent pour dénoncer, par des campagnes publicitaires qui coûtent des millions, que ce n’est pas en Afrique qu’on trouvera, par exemple, des jeunes femmes étudiantes en droit. Ce que je trouve fascinant est que tous ces constats sont exprimés par des gens majoritairement de
l’Occident, par des gens comme vous et moi, des gens qui ont souvent eu le loisir d’écrire ces mots assis confortablement devant leur foyer. Des gens qui prétendent tout comprendre, tout savoir sur ce qu’est la justice absolue. De notre œil occidental, nous reprochons chaque faux pas des pays baptisés à leur insu « le tiers monde » ou son remplaçant « en voie de développement ».  À croire que si chaque enfant de la famille n’a pas sa propre voiture à 17 ans, qu’on ne voyage pas dans le Sud une fois par année ou que nous n’avons pas l’opportunité de jeter l’argent par les fenêtres lors des journées emblématiques comme le Vendredi fou ou le Boxing day, on ne mérite par le titre envié de « premier monde ». Qui sommes-nous vraiment pour pointer d’un doigt dénonciateur, qui se veut moralisateur, des pays qui ont le « malheur » de ne pas nous ressembler, nous, les autoproclamés privilégiés?

J’aurais pu vous dire que le Mali, à titre d’exemple, était en crise depuis l’année 2012, qu’il fait partie des 25 pays les plus pauvres au monde, que 56% des femmes maliennes sont victimes de violence, qu’une jeune fille sur deux est mariée à l’âge de 16 ans, la liste n’en finirait plus, mais à quoi bon? Vous inciter à partir une année en voyage humanitaire? Vous demander de faire des dons de charité? Pas du tout, une des raisons pour lesquelles je n’ai pas décidé d’écrire un article sur ce sujet est pour éviter de maintenir, au profit des pays « industrialisés », l’image globale d’une Afrique souffrante et morcelée, que de la propagande éhontée. Ces contributions de charité faites sous l’impression d’aider autrui sont manifestement une des raisons pour lesquelles les pays africains restent derrière dans les statistiques. Comment avancer parmi des pays qui vous en croient incapable?

En admettant qu’un pays prospère éduque mieux ses citoyens et ses citoyennes, on pourrait déduire que si le Mali était plus prospère, les maliennes recevraient vraisemblablement une bien meilleure éducation, donc indirectement une éventuelle émancipation, je n’ai pas besoin de vous refaire un cours d’histoire. Et si je vous disais que le Mali dispose de ressources naturelles prometteuses telles que le coltan (qui se trouve probablement dans votre téléphone cellulaire), l’or, l’hydrogène ou le pétrole, ce qui fait de ce pays le 8ème plus riche de l’Afrique ? Nos pays occidentaux n’arrivent pas à la cheville d’une telle richesse naturelle. En 2015, le Fonds monétaire international rapportait que 6 des 10 économies les plus prospères étaient en Afrique selon la croissance du PIB. Comment expliquer alors la pauvreté du Mali? Il appert que le monde occidental aide sous la lumière des caméras – pensons ici à ces vedettes hollywoodiennes qui se pavanent telles des héros à l’étranger - mais sont sans pitié dans l’ombre. Au lieu, l’Occident devrait laisser l’Afrique exploiter ses ressources et lui faire confiance. Dans une Afrique équilibrée et libre, il serait illogique que celle-ci décide de vendre ses ressources naturelles à des prix modiques, ce que l’Occident s’occupe déjà de bien faire. Elle vendrait évidemment au prix du marché. Bien sûr, ceci affaiblirait notre économie occidentale basée sur le pillage à volonté post-colonialiste, mais le partage est une vertu importante, non?

En effet, à la lumière de cette proposition, je perçois que ce qui manque dans ce monde n’est pas nécessairement plus de justice, mais plutôt de l’intégrité et de l’honnêteté. Nous devrions être prêts à concilier et à coopérer au lieu de dicter, voler, exploiter, dédaigner et faire des dons de charité à l’aveugle pour faire pardonner nos gestes. Ouvrons les yeux, sans l’Afrique, nous ne serions pas placés du haut de notre piédestal de G8, l’air fier et vaniteux.  Ce monde mensonger à deux faces est celui dans lequel nous vivons, l’humanité que nous avons conçue, à nous de changer les choses. Je vous laisse avec une réflexion analogique de l’auteure Mallence Bart Williams (grande inspiration pour cet article) lors de son TED Talk à Berlin :

«Have you ever wondered how things work in nature? One would assume that in evolution, the strongest survives.  However in nature, any species that is overhunting, overexploiting the resources they depend on as nourishment, natural selection would sooner or later take the predator out, because it offsets the balance»

 

150 ANS… ET PLUS

Roxane Lefebvre, directrice à l'information

Le Canada célébrera cette année le 150e anniversaire de sa Confédération. La Loi constitutionnelle de 1867, entrée en vigueur le 1er juillet de la même année, prévoyait d’abord l’unification de ce qu’on considérera plus tard comme étant les quatre provinces fondatrices, soit le Québec, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Alors que Vancouver amorçait le premier janvier ses festivités sous l’appellation « 150+ », cherchant ainsi à souligner et reconnaître l’importance des cultures et des traditions de ses populations autochtones à l’histoire du pays, certaines premières nations se sont interrogées : Y a-t-il réellement matière à célébration?

UNE RÉCONCILIATION DIFFICILE

La Commission de vérité et réconciliation du Canada, créée pour faire la lumière sur les pensionnats autochtones, a permis une reconnaissance et une meilleure compréhension du véritable génocide culturel perpétré durant des décennies, touchant directement quelques 150 000 enfants canadiens autochtones. Son rapport, publié en juin 2015, conclut d’ailleurs que l’État doit agir en vue de favoriser l’égalité des chances au pays. En date d’aujourd’hui, il est évident qu’un travail important demeure à accomplir.

Selon les données compilées par le ministère de la justice, les canadiens autochtones ont trois fois plus de chances d’être victimes d’un crime violent que les canadiens d’origine non autochtone. Suivant le même ministère, cet écart marqué entre les taux de victimisation « résulte du processus de colonisation qui a fait perdre aux collectivités le contrôle de leurs familles et de leur culture. »

Également, la population autochtone compte encore aujourd’hui un taux de diplômés du niveau secondaire inférieur à la moyenne canadienne, demeure plus défavorisée économiquement et présente un taux de chômage plus de deux fois supérieur à la moyenne de la population non autochtone.

UNE OBLIGATION DE CONSULTER OUBLIÉE

Les droits ancestraux des peuples autochtones sont reconnus et protégés par la Loi constitutionnelle de 1982. Il en découle une obligation fiduciaire du gouvernement canadien et provincial, ainsi qu’un devoir de consulter la première nation concernée avant d’attenter à ces droits. Ce devoir revêt une importance variable et peut même résulter en une véritable obligation d’accommodement. Néanmoins, certains juristes sont d’avis que cette obligation constitutionnelle n’est pas toujours respectée.

Monsieur Jean-Paul Lacasse, professeur à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, lors du colloque sur le droit des ressources naturelles et de l’énergie tenu à l’Université Laval les 1er et 2 décembre derniers, a exprimé l’avis que les gouvernements canadiens et québécois ne respectent actuellement pas leurs obligations constitutionnelles avant d’accorder des droits miniers sur des territoires faisant l’objet de droits ancestraux.

Ainsi, à l’aube du 150e anniversaire de la Confédération, il est évident que la longue marche vers l’égalité des nations canadiennes est loin d’être achevée. Bien qu’il s’agisse indéniablement d’un point tournant dans l’histoire du pays, il est important de garder à l’esprit que cette même histoire débute véritablement des siècles auparavant et demeure le reflet d’une mosaïque de cultures différentes.

Il est également permis d’espérer que les initiatives récentes des différents gouvernements et ministères, notamment en matière d’enseignement de l’histoire autochtone canadienne, permettront une meilleure compréhension du bagage historique du Canada, et d’amorcer les progrès sociaux qui devraient, en 2017, déjà constituer des acquis.

 

 

ENTREVUE AVEC MAUDE, VICE-PRÉSIDENTE AUX AFFAIRES PROFESSIONNELLES DE L’AED

Jeanne Larose, rédactrice en chef

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La course aux stages est un parcours exaltant, un tremplin vers la carrière de ses rêves. Mais ce périple requiert une bonne préparation, et c’est à ce moment que Maude, VP aux affaires professionnelles de l’AED, entre en scène. Ayant elle-même participée à la course aux stages, elle nous donne ici des conseils utiles pour bien se lancer.

Comment décrirais-tu ton expérience de course aux stages ?

La Course est un processus intense de trois semaines pendant lequel les étudiants posent leur candidature afin d’obtenir un stage en cabinet. Ce stage, d’une durée de six mois, est nécessaire afin de devenir membre du Barreau du Québec. Lors de la première semaine de la Course, les étudiants convoqués en première entrevue rencontreront généralement deux avocats qui poseront des questions plusgénérales sur le profil du candidat. Certains candidats seront ensuite convoqués en deuxième entrevue et rencontreront un panel de 5 à 6 avocats, qui poseront des questions différentes de la première entrevue. Cette deuxième entrevue a généralement lieu lors de la deuxième semaine de la Course. Certains candidats sont par la suite invités à un cocktail ou à un souper de recrutement, afin d’apprendre à connaître les candidats dans un contexte plus informel. Conformément à l’entente, les cabinets devront ensuite communiquer les offres de stages aux candidats retenus le 29 mars à 8 heures.  La Course est une expérience qui permet d’apprendre à se connaître, mais aussi, à en apprendre davantage sur les différents cabinets et leurs particularités. Ce processus permet aux étudiants de faire un choix éclairé sur le cabinet au sein duquel ils souhaitent entamer leur carrière. En somme, la Course fut pour moi une expérience marquante tant du point de vue personnel que professionnel.

Quel profil d’étudiants les cabinets recherchent-ils ? 

Les cabinets ne cherchent pas un profil type, puisque ça prend de tout pour former une équipe. On cherche des personnes diversifiées et complémentaires. De manière générale, il n’y a pas de cote minimale pour participer à la Course mais il est tout de même important de se rappeler que les cabinets rencontrent des candidats qui ont su se démarquer, que ce soit au niveau académique ou à travers d’autres implications. Les candidats sont évalués selon un ensemble de critères et c’est pourquoi la lettre de motivation et le CV sont d’une grande importance, parce que ces éventuels employeurs tiennent à embaucher des personnes responsables, curieuses et engagées qui s’impliquent dans la vie étudiante, dans une équipe sportive ou dans une œuvre caritative. L’étudiant doit savoir jongler avec plusieurs responsabilités. Aussi, il ne faut rien négliger d’un CV, car toutes les expériences révèlent des informations sur le candidat ou la candidate. De cette façon, l’employeur constate ce que cette personne peut apporter à l’équipe.


Où s’offrent les possibilités de stage ? 

Afin d’obtenir un stage en cabinet privé, les candidats intéressés devront participer à la Course, il s’agit d’un processus formel auquel participent la majorité des grands cabinets, conformément à l’entente de recrutement qu’ils ont conclue, et qui est disponible sur le site web de l’Association des étudiants en droit. Cette entente les oblige à émettre les offres de stage au même moment. L’entente regroupe les plus grands bureaux, mais ceux de moyenne envergure respectent parfois aussi ces dates, bien qu’ils ne soient pas partie à l’entente. Il faut tout de même aller se renseigner à leur sujet pour s’en assurer. En ce qui a trait au champ d’expertise, les bureaux participants œuvrent en droit des affaires, et les stagiaires seront également amenés à toucher au droit du travail et au litige. Cependant, on retrouvera rarement du droit de la famille ou du droit criminel dans les bureaux participants de la course aux stages.


On entend principalement parler des grands cabinets, mais est-ce possible de faire la course aux stages dans un milieu de travail plus petit ?

Il est possible de faire la course aux stages dans un milieu de travail plus petit, mais les plus petits cabinets ne sont pas membres de l’entente. Toutefois, les sites internet des cabinets, affichent les informations nécessaires sur les possibilités d’emploi et de stages. Trouver un stage dans ces bureaux requiert davantage d’autonomie de la part des étudiants qui doivent se renseigner par eux-mêmes au sujet de ces bureaux et de leurs dates de dépôt de candidature.

Que conseillerais-tu à quelqu’un qui souhaite se lancer dans la course aux stages ?

La candidate ou le candidat doit connaître son CV sur le bout de ses doigts et être prêt à expliquer ce que chaque expérience lui a apportée. Aussi, il est primordial de rester soi-même et de ne pas tenter d’entrer dans le moule que le cabinet semble chercher, parce qu’au final, l’individu qui obtient le stage qui ne lui correspond pas ne s’en sortira pas plus heureux.


Quels sont les outils d’information disponibles pour ces étudiants ?

Les rencontres avec Micheline Voyzelle du service de placement sont d’une grande aide, car elles comportent des simulations d’entrevue et la correction de la lettre de motivation et du CV. Il est important de noter que tout le monde peut aller la voir, pas seulement les candidats pour la course aux stages. De plus, il est possible de retrouver sur le site de l’AED des documents préparés. Davantage d’information peut être trouvée sur le site du NALP, qui fournit des renseignements au sujet des cabinets, mais aussi des organismes gouvernementaux, de la rémunération et plus encore.  Plus encore, le site de chaque cabinet est pourvu d’une section carrière où les étudiants peuvent le découvrir plus particulièrement.

 

UN STAGE AUTREMENT

Marie-Philipe Lévesque


En ce mois de la carrière, je vous offre un aperçu de ma propre situation quelque peu différente de ce qu’on observe fréquemment. En faisant mon chemin, j’ai obtenu mon stage autrement. Ce texte a donc pour but de présenter une autre voie qui s’offre à celles et ceux qui veulent devenir avocats.

Comme le rappellent souvent nos chers professeurs, le droit mène à tout. Pourtant, plusieurs imaginent que l’aboutissement de ces années d’études est une grande carrière d’avocat en droit des affaires. Cependant, le pourcentage de juristes affichant un tel profil est faible. Certains diplômés du baccalauréat en droit se dirigent vers la maîtrise en droit notarial, d’autres vont en gestion, en criminologie, en affaires, en politique, etc. Ainsi, il est vrai qu’un « LL.B. » ouvre plusieurs portes. 

LE CABINET

Pour ma part, j’irai bel et bien à l’École du Barreau pour devenir avocate et je ferai mon fameux stage, mais pas à un endroit faisant partie de l’entente pour la « Course aux stages ». Comme je l’ai énoncé dans certains textes antérieurs du Verdict, il faut se poser des questions, chercher nos véritables valeurs et découvrir le type de carrière que l’on souhaite avoir. Alors, pour ma part, je me dirige vers la pratique du droit criminel et pénal en région, dans un petit cabinet privé. 

En quittant ma région natale pour déménager à Québec et en commençant le baccalauréat en droit, je n’avais pas dans l’idée de revenir sur la Côte-Nord pour pratiquer. Je me suis toujours dit que je devrais aller là où je trouverais un stage ou un emploi, ce que je conseille à tous de faire d’ailleurs. En effet, il ne faut pas avoir peur de bouger puisqu’il y a un peu plus d’emplois disponibles, pour les avocats, en région que dans les grands centres. 

Pour trouver un emploi dans le cabinet dont je vous parle, j’ai commencé dès la première année du baccalauréat à faire des recherches, de ma propre initiative. En appelant les différents cabinets de la région, je me suis présentée, puis j’ai indiqué que je recherchais un emploi dans le domaine juridique pour l’été. Plusieurs m’ont donné une réponse négative, mais deux cabinets ont demandé que je leur envoie mon curriculum vitae et l’un d’eux m’a engagée. C’est ainsi qu’après mes deux premières sessions d’université, j’ai pu travailler à temps partiel dans le domaine. 

En travaillant bien et en démontrant mes capacités, j’ai pu travailler un deuxième été à temps plein durant quatre mois. Après une conversation avec les avocats qui m’emploient, j’ai eu la confirmation que je trouverai ma place dans ce cabinet pour un troisième été et pour le stage du Barreau, sans compter qu’il y a de bonnes probabilités que j’y trouve ma place aussi pour y pratiquer comme avocate. Ceci constitue un exemple des autres méthodes existantes permettant de trouver notre stage du Barreau. 

LE DOMAINE

Pour ce qui est du domaine de droit dans lequel je vais pratiquer, il n’est pas unique. En effet, depuis le début de mon parcours, j’ai une préférence pour le droit criminel, bien que j’aie développé des intérêts pour d’autres branches en traversant les cours du cursus scolaire. Ceci peut être considéré comme un atout pour le cabinet dans lequel je serai.


En fait, il faut savoir que dans les bureaux de taille petite ou moyenne, il est rare qu’un avocat soit spécialiste d’un domaine bien précis pour la simple raison que le volume de dossier du type donné ne suffirait pas à remplir son emploi du temps. Ainsi, dans ce genre de pratique, il faut être prêt à toucher à toute sorte de dossiers, bien que l’on puisse se permettre d’avoir certaines préférences. 

LA PRATIQUE

Pour celles et ceux étant impatients de prendre la gestion d’un dossier en main, les cabinets à dimensions humaines sont là pour vous! Les responsabilités arrivent vite et la débrouillardise est de mise. À titre de précision, pour décrire la pratique, je m’inspire des emplois d’été que j’ai eu ainsi que de l’expérience d’une avocate du bureau qui a eu un parcours similaire au mien.


Bien entendu, comme tous les étudiants et les stagiaires, les premiers temps se font devant l’ordinateur et dans la bibliothèque à faire des recherches juridiques. Cependant, j’aurais tendance à dire que plus petit est l’endroit, plus rapidement les tâches intéressantes et les responsabilités s’ajoutent. La rédaction de procédures judiciaires, l’élaboration de plans d’argumentation détaillés, la recherche de solution sortant de l’ordinaire en sont des exemples. La créativité et l’autonomie sont alors des forces appréciables.


L’une des choses que j’apprécie le plus dans ce genre de pratique est le fait de travailler sur un dossier de A à Z, ou, du moins pour un étudiant, sur plusieurs parties du dossier. Par exemple, on m’a donné un dossier X pour lequel je devais faire une recherche juridique. Une fois complétée, je devais rédiger le plan d’argumentation et trouver toutes réponses aux questions persistantes. Pour ce faire, lorsqu’une communication avec le client s’imposait, je la faisais moi-même par téléphone, par courriel ou encore par lettre. L’entrevue avec le client était aussi possible.


Pour ce qui est des présences au palais de justice, elles ont commencé, à titre d’observation, dès le premier été. Parfois, c’est l’occasion de voir le procès d’un dossier sur lequel on a travaillé. Au moment du stage officiel de l’École du Barreau du Québec, la tâche de faire l’appel du rôle peut être nôtre dès la première semaine. Ensuite viennent les interrogatoires et les représentations plus importantes. 

LE CHOIX

En somme, mon choix de pratique est celui-ci, un choix en phase avec ma personnalité et mes valeurs. Rien n’empêche que ma pratique évolue au cours de ma carrière. Et votre choix, quel sera-t-il ? Oserez-vous chercher un stage hors des sentiers battus ? Après tout, l’important est d’avoir un travail dans lequel vous êtes bien, stimulant et passionnant à vos yeux !

PETIT REGARD SUR NOS REPRÉSENTANTS

Alexandre Paquette

Pour certains, la carrière politique est attrayante. Les avantages salariaux, la renommée et une certaine forme de sécurité d’emploi peuvent constituer des atouts alléchants. Pourtant, peu y accèdent. Le nombre de députés est restreint à la quantité de sièges à l’Assemblée Nationale et à la Chambre des communes, soit respectivement 125 et 338, dont 78 attribués au Québec. Pour ainsi dire, pas moins de 203 personnes élues représentent activement les intérêts des Québécois.

Pour une majorité de la population, ces représentants restent toutefois peu connus. Nombreux sont les électeurs identifiant l’élu de leur circonscription par son allégeance politique, la « couleur » du parti auquel il est rattaché. Pourtant, plusieurs autres caractéristiques distinguent ce dernier. L’une d’entre elles n’est pas moins que le métier qu’il « professait » avant son ascension politique.

N’est-il pas intéressant d’apprendre que l’actuel Premier ministre du Canada fut enseignant au secondaire dans une école de Colombie-Britannique1 ? Saviez-vous qu’Amir Khadir, l’un des trois députés de Québec Solidaire, était physicien et médecin spécialiste en microbiologie médicale et maladies infectieuses2 ?

Le métier qu’une personne exerçait avant d’occuper la fonction de député influence dans bien des cas sa vision de la société, de ses rouages. Un chirurgien cardiaque ayant côtoyé la mort pendant de nombreuses années par l’entremise de ses patients ne partagera certainement pas la même opinion qu’un fonctionnaire sur l’administration de la santé. Ainsi en va-t-il de même pour l’artiste, le cinéaste, qui doit donner son avis sur l’importance ou la place de la culture dans la société. Les exemples sur le sujet pleuvent à siaux.

Si nous regardons la composition actuelle de l’Assemblée nationale, certains corps de formation ressortent clairement en quantité. Ainsi en est-il de « l’administration et de la comptabilité » qui, par cette
catégorie seule, ne regroupe pas moins de 35 % des députés élus3. D’autres catégories qu’on pourrait croire prédominantes à cause de la couverture médiatique dont certains élus bénéficient se révèlent être moindres dans les faits. C’est le cas de la médecine et des sciences de la santé qui n’ont que 9 représentants parmi les élus actuels alors que l’on est porté à croire ce nombre bien plus élevé. Les journaux et bulletins de nouvelles n’avaient-ils pas, en 2014, martelé sans cesse l’existence d’un « trio de médecins » parmi les ministres ? Ce genre de grand titre journalistique porte à donner une fausse impression de la composition de nos représentants.

Et le droit lui ? Quand est-il ?

Il est présent, très présent même. À vrai dire, le droit a presque toujours côtoyé la politique de près. Pour faire simple, ce sont des domaines complémentaires : l’un vient difficilement sans l’autre, les deux étant liés à l’organisation et au fonctionnement de la société.

Ainsi n’est-il pas surprenant de constater un nombre élevé de politiciens ayant une formation de juriste. C’est le cas de 31 personnes à l’Assemblée nationale en ce moment4. Sur ce nombre, pas moins de 18 professaient à titre de membre du Barreau du Québec ou de la Chambre des notaires avant leur élection en 2014 (13 étaient membres du Parti libéral du Québec en cette date, 5 du Parti québécois et 3 de la Coalition Avenir Québec)5.

La proportion élevée de juristes est aussi présente au sein des gouvernements. Du côté fédéral, 6 ministres sont avocats ou notaires de formation. Vient s’ajouter à cela le ministre de la Sécurité publique qui dispose d’un baccalauréat en droit6. Au Québec, il suffit d’énumérer les premiers ministres des trente dernières années pour comprendre la place prédominante des avocats sur la scène politique : 5 des 9 personnes ayant occupé le poste étaient membres du Barreau7.

Le vieil adage énonçant que « le droit mène à tous pourvu qu’on en sorte » prend bien sa place dans la vie politique… et peut-être même trop ! C’est sûr que pour nous, juristes, cela constitue un avantage sitôt que le saut en politique nous intéresse. Toutefois, d’un point de vue purement citoyen, il est
difficile d’ignorer la « trop » grande place qu’occupe les professions dites libérales aux postes de décideurs dans la société. Professeurs, médecins, ingénieurs, femmes et hommes d’affaires. Quand est-ce la dernière fois que l’on vît un charpentier ou un menuisier à un poste d’élu ? Certes, on peut comprendre que les travailleurs pratiquant certains métiers aient moins d’intérêt politique que d’autres, mais jusqu’à quel point ?

Une meilleure répartition des élus dans les différentes concentrations de métiers permettrait sans nul doute une diversification des points de vue sur les problèmes et les choix politiques dans notre pays. La sous-représentation de certaines catégories de métiers gruge certainement les intérêts de ces derniers. Tôt ou tard, il seranécessaire qu’une certaine représentativité fasse sa place sous peine de causer du tort à ces
professions. Après tout, n’est-il pas vrai que « la politique s’intéresse à tout »8, même aux concentrations ne s’intéressant pas à la politique ?

Jusqu’à ce qu’un changement s’opère sur le sujet, la vie de politicien reste une bonne option pour tous ceux et celles qui désirent utiliser leur baccalauréat en droit pour faire le grand plongeon dans ce merveilleux monde qu’est la politique contemporaine.

Alexandre Paquette,

Secrétaire coordonnateur

 

 

1 https://www.liberal.ca/fr/tres-hon-justin-trudeau

2 http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/khadir-amir-25/biographie.html

3 http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/statistiques-deputes.html

4 http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/statistiques-deputes.html

5 http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/662224/professions-deputes-gouvernement-quebec-partis-assemblee-nationale

6 http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/747964/nomination-conseil-ministres-cabinet-gouvernement-justin-trudeau

7 Soit respectivement les premiers ministres Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson (fils), Lucien Bouchard, Bernard Landry et Jean Charest.

8 Niccolò Machiavelli. Le Prince. Traduction de Jean-Vincent Périès (1785-1829), Montréal, Les Éditions CEC, « Philosophies vivantes », 2008, 117 p.

LA CONDITION DE LA FEMME SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL

Comité Question de genre

Plusieurs aspects de la condition féminine furent transformés au cours des dernières décennies. Ces modifications ont touché tant la vie personnelle et professionnelle de la femme. Dans ces prochaines lignes, il sera question de quelques points de la nouvelle réalité de la femme en lien avec le marché du travail. 

1.  QUELQUES INÉGALITÉS TOUCHANT LES FEMMES

En premier lieu, il est souvent ardu pour la femme de concilier le travail ainsi que la famille. Effectivement, celle-ci consacre majoritairement ses heures productives à effectuer des tâches ménagères et moins de temps à travailler. C’est tout le contraire pour l’homme qui travaille davantage et qui s’investit moindrement dans le travail domestique1. Dans le même ordre d’idées, les mères qui occupent un emploi à temps plein dédient 2 heures par jour à donner des soins à leurs enfants tandis que les hommes n’attribuent que 1,4 heures de leur temps à effectuer les mêmes soins2. Il va sans dire que la gente féminine accorde encore beaucoup plus de temps que l’homme à la vie familiale ce qui rend la conciliation travail et famille plus difficile pour celle-ci. 

En second lieu, la parité des salaires professionnels n’est toujours pas atteinte au Québec. C’est-à-dire que la femme perçoit un salaire moindre que celui d’un homme pour le même travail effectué. Il n’y a que quelques années, en 2012, les femmes touchaient un salaire horaire moyen d’environ 10 % inférieur à celui des hommes3. En somme, bien qu’il y existe certaines législations encadrant la parité homme-femme telle la Loi sur la gouvernance des sociétés d’État, un écart important persiste entre les conditions des deux sexes. L’égalité créée par le droit n’est pas encore ancrée dans la réalité. 

Dans le même ordre d’idées, dans le milieu juridique, les associées perçoivent un salaire 10 % moins cher que celui des hommes des grands cabinets. De plus, cet écart peut augmenter jusqu’à 12 % dans les plus petits cabinets4. En outre, les avocates et les femmes juges perçoivent 82 % du salaire qu’un homme gagne pour le même travail effectué5.  Bref, la condition féminine du domaine juridique s’apparente à latendance actuelle et elle est parfois plus déplorable. 

2. L’AVANTAGE D’EMBAUCHER DES FEMMES

Bien que la femme ne soit pas toujours favorisée lors de l’embauche d’un emploi et qu’elle subit encore beaucoup d’inégalités sur le marché du travail, il existe plusieurs avantages à embaucher une femme. 

Tout d’abord, une compagnie à l’image de la société améliore sa réputation, l’image d’une égalité homme et femme augmente ainsi l’approbation du public6. Ensuite, les stratégies commerciales de l’entreprise peuvent tirer profit du point de vue de la femme, car c’est elle qui influence jusqu’à 80 % des décisions d’achat. En outre, l’efficacité de l’entreprise ainsi que la qualité du travail peuvent être facilement perfectionnées en raison du souci du détail et de précision qui est prédominant chez la femme. Finalement, les femmes préfèrent régulièrement rester dans leur municipalité et elles sont par le fait même des employées stables et loyales7. En résumé, l’entreprise préconisant une égalité homme et femme réelle est avantagée grandement. 

3. UNE LUEUR D’ESPOIR AU NIVEAU DE L’ÉDUCATION

Bien que le marché du travail contienne son lot d’inégalités pour la femme, l’école représente aujourd’hui un environnement où la femme est prédominante. 

En général, depuis les années 90, les femmes occupent principalement les classes universitaires de premier cycle à temps plein8. De plus, ce sont elles qui obtiennent majoritairement des diplômes universitaires de premier cycle, elles représentent 62 % des diplômées. Pareillement, elles sont prédominantes à la maîtrise et décrochent plus de 50 % des diplômes9. 

Ces transformations témoignent des possibilités de changements qui s’offrent à la société. La genteféminine tend à s’éduquer davantage et elle est de plus en plus outillée pour offrir un travail de même qualité que l’homme. 

En bref, les femmes et les hommes s’égalisent plus que jamais et la place de la femme dans le milieu du travail est non négligeable. Ses qualités de travailleuse ainsi que ses compétences remarquables font d’elle un élément indispensable sur le marché du travail.
N’empêche que, dans une société qui met l’accent sur la réalisation de soi dans la performance au travail, et ce, au détriment de la famille, il apparaît plus que
nécessaire de repenser le rapport de l’homme et de la femme à leur travail et à leur famille. La seule poursuite aveugle de l’égalité homme femme ne saurait répondre à ce problème de fond.


Élodie Drolet, Élisabeth Maheux, Charlotte Reid, Odélie Beaurivage Godbout et Camille Dupont

 

1 Secrétariat de la condition féminine, Ministère de la culture, des Communications et de la Condition féminine. « L’égalité entre les hommes et les femmes au Québec, faits saillants », direction des relations publiques, Québec (Québec), 2010, p.23.

2 Ibid.

3 Maude, BOULET. Institut de la statistique du Québec. « Même profession, salaires différents : les femmes professionnelles moins bien rémunérées », Montréal (Québec), 2014, p. 1.

4 Marie, PÂRIS. «Avocat-avocate: des inégalités persistantes», http://www.droit-inc.com/article12749-Avocat-avocate-des-inegalites-persistantes. 10/01/2017.

5 Ibid.
6 Condition féminine du Canada. «
L’avantage concurrentiel : Arguments en faveur du recrutement de femmes dans les métiers spécialisés et les professions techniques », Gatineau (Québec), 2015, p.1. 
7 Ibid.
8 Martin, Turcotte. Statistiques Canada. «Les femmes et l’éducation»,
http://www.statcan.gc.ca/pub/89-503-x/2010001/article/11542-fra.htm#a9, 10/01/2017.
9 Ibid.