LA DÉMOCRATIE PREND L'AUTOBUS

Jeanne Larose, rédactrice en chef 

Quelque chose m’a frappé quand je suis arrivée à l’Université Laval. Non ce n’est pas un néon du DKN en ruine, non ce n’est pas l’hymne controversée des initiations de droit ; c’est le nombre d’étudiants qui se rendent à l’école en voiture. Il est rare que je croise des collègues à l’arrêt de bus principal de l’université à la fin d’un cours, mais je reste consciente que plusieurs d’entre eux font le trajet à la marche. Je sais que lorsqu’on vit chez ses parents à l’autre bout de la banlieue où il n’y a qu’un bus qui passe aux heures, c’est vraiment plus pratique de prendre la voiture. Il est vrai qu’à Québec, le trafic est relativement tolérable. Cependant, par soucis écologique, je considère qu’on devrait mettre l’accent sur le transport en commun et cesser d’y voir un moyen de déplacement de pauvres.

Je ne vous apprends rien lorsque je vous dis qu’utiliser quotidiennement une voiture, ça laisse toute une empreinte de CO2 sur notre planète. Une multitude de reportages alarmants nous ont déjà fait état de la situation. Les transports collectifs s’avèrent être un précieux remède au problème de la pollution atmosphérique des villes. Cependant, le phénomène de la hiérarchie sociale basée sur le moyen de transport entrave son chemin vers une utilisation plus généralisée. La croyance populaire veut que se déplacer quotidiennement en voiture, c’est avoir de l’argent. C’est gravir un échelon, et à partir de là, il peut sembler étourdissant de retourner à l’arrêt de bus.  Ainsi, une voiture représente un luxe auquel beaucoup d’entre nous aspirent, comme autrefois on rêvait d’un manteau entièrement fait de fourrure. Malgré cette apparence de richesse qu’évoquait ces peaux, un éveil des consciences sur la cruauté envers les animaux a mené le bon goût populaire vers des ornements de matière animale plus petits. Y aurait-il donc de l’espoir pour l’utilisation abusive de l’automobile ? C’est le pari qu’a lancé Enrique Peñalosa, maire de Bogotá nouvellement réélu. Lors de son mandat du début des années 2000, il a déclaré la guerre aux automobiles de la capitale colombienne en développant la qualité des transports collectifs, source de démocratie à ses yeux. Comme il l’a si bien dit dans une conférence en 2013 : « une ville développée n’est pas une ville où même les pauvres roulent en voiture, c’est une ville où même les riches prennent le transport en commun ». À son avis, pour arriver à cet objectif, il faut que les mentalités évoluent, et pour se faire, une ville doit investir dans l’amélioration du service de transport pour qu’il n’en devienne que plus attrayant.

Comment participer ? En choisissant le transport en commun, on contribue à son évolution en lui injectant des moyens et en créant une demande qui pousse la compagnie de transport à offrir un service plus fréquent. Que ce soit par une alternance entre le bus et la voiture, le covoiturage ou le choix d’un logement en fonction du transport en commun des alentours, nous avons tous la possibilité d’améliorer nos habitudes écologiques. Reste juste à savoir : Pouvons-nous se détacher de l’image matérielle que nous souhaitons refléter pour le bien de la collectivité et des générations futures ?  

CRIMINALISATION À L’ENCONTRE DES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS – PLUS VRAI QUE JAMAIS : LE CAS DU GUATEMALA

Rodrigo Olmos-Hortiguela

 

Ce titre peut vous sembler tout à fait choquant, ironique à la limite de l’impossible. Détrompez-vous, la lutte contre l’impunité vient avec un lot de conséquences. Se battre pour le respect des droits humains est une activité à hauts risques et les gens qui s’y engagent corps et âme deviennent la cible privilégiée des autorités et groupes privés. Menaces, extorsion, attaques, arrestations, torture, voici un portrait des actes auxquels les défenseurs des droits humains doivent faire face quotidiennement. 

Nous avons tous déjà eu cette image en tête du défenseur des droits qui arrive dans un lieu tel un super-héros. L’air fier et confiant, il sauve la vie de milliers de personnes. Les enfants l’entourent et veulent son attention. « Il est là, enfin il est là! » crie un enfant, une larme de joie glissant sur sa joue.  Tous l’admirent et ses efforts lui vaudront certainement le Nobel de la paix. Voilà que quelques jours plus tard, nous apprenons que le sauveur est disparu, emprisonné ou mystérieusement assassiné. Notre bulle derêve éclate tout d’un coup, la réalité nous frappe au visage.

Guatemala – Cas Saúl Aurelio Méndez Muñoz et Antonio Rogelio Velásquez López

Au Guatemala, les défenseurs du droit à la terre, c’est-à-dire tous ceux qui s’opposent à l’accaparement des terres par les entreprises transnationales font face à une répression toujours plus forte. En 2008, l’entreprise Hidro Santa Cruz a commencé à réaliser des travaux pour développer un projet hydroélectrique. Tout a été mis en place sans avoir préalablement consulté ni avisé la population indigène des lieux. Méndez et Velásquez, défenseurs des droits à la terre, ont été accusés de meurtre et féminicide pour des actes auxquels ils ne faisaient pas partie. Chacun d’eux a été condamné à 33 ans et 4 mois de prison par le Tribunal.

Acteurs clés du processus de la mauvaise utilisation du droit pénal afin de criminaliser les défenseurs des droits humains

Le bref cas présenté en est un parmi tant d’autres, or, il permet de mettre en évidence les acteurs principaux de la criminalisation des défenseurs des droits humains.  Selon le rapport annuel 2014 de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, les défenseurs des droits à la terre forment le groupe reportant le plus de dénonciations sur des violations des droits humains. Les défenseurs des droits à la terre regroupent des activistes qui défendent les droits à la terre par la voie de la liberté d’expression. En ce sens, ils vont prendre des actions légales contre les entreprises, organiser des campagnes de sensibilisation ou manifester dans les rues. Dans la plupart des cas, ce type de défenseur sera aussi unchef indigène.

Cette mise en évidence nous permet de faire ressortir une interrelation entre les autorités publiques, le système judiciaire et les entreprises. Ces entités compromettent la primauté du droit en faisant une mauvaise utilisation du droit pénal et ainsi criminalisent tout défendeur des droits humains qui ose se faire entendre. Bref, on utilise le droit pénal afin d’assujettir toute personne à des poursuites judiciaires ayant comme but de réprimer et punir la contestation sociale ou toute critique contre des personnages politiques et privés.

Conséquence de la criminalisation des défenseurs des droits humains

Seulement au Guatemala, 30% des attaques étaient dirigées envers les défenseurs des droits humains travaillant dans le domaine de la justice en 2007. En plus d’attaques physiques, ils sont accusés de terrorisme, de volet de danger national. D’une part, les tribunaux nuisent à la lutte contre l’impunité en créant une jurisprudence qui condamne les défenseurs des droits humains. D’autre part, cette criminalisation effraie plusieurs défenseurs qui préfèrent se retirer au lieu de mettre leur vie et celles de ceux qui les entourent en péril. De manière générale, il y a une pénurie d’avocats spécialisés en droits humains disposés à représenter au tribunal des victimes vulnérables de violations de droits humains. De cette pénurie découle des problèmes reliés à l’accès à la justice.

Avocats sans frontières Canada (ASFC) au Guatemala

ASFC a mis en place un programme ayant comme objectifde renforcer l’accès des organisations de la société civile et des groupes vulnérables à une représentation légale qualifiée et ainsi répondre à la pénurie de spécialistes. D’ailleurs ASFC a implanté, entre autres, un cabinet d’avocats guatémaltèques spécialisés en litige stratégique de droits humains. Le litige stratégique de droits humains consiste à mener des cas emblématiques devant les tribunaux nationaux et internationaux afin de créer ou d’influencer la jurisprudence de manière favorable à la réalisation effective des droits humains.

Note : La présente chronique n’engage la responsabilité que de son auteur pour son contenu et les opinions qui sont exprimées. Le masculin est utilisé pour alléger le texte, et ce, sans préjudice pour la forme féminine. De la même façon, toute citation a été omise pour ainsi rendre le texte plus fluide. 

TECHNOLOGIE ET DROIT MOUVANCE ACTUELLE ET FUTURE

Mizaël Bilodeau 

Il y a 20 ans l’ordinateur Deep Blue battait Kasparov, le meilleur joueur d’échecs au monde. Un moment historique, la machine supplante l’homme.

Les jeunes avocats de cette époque n’auraient guère eu à se préoccuper qu’une telle machine les remplace un jour dans leur travail. Les professions seraient épargnées, bien que l’on confiait déjà les tâches manuelles, répétitives, aux mains mécaniques ou d’outremers.

Aujourd’hui, le futur juriste sait que les nouvelles technologies ont et auront un impact considérable dans la pratique traditionnelle du droit. Le nombre d’emplois, les tâches qu’il effectue ou qui lui sont réservées et le rapport client changeront beaucoup.

Le récent Rapport du Jeune Barreau de Montréal[1] ou l’un des bouquins de Patrick Susskind[2] achèveront de vous convaincre si ce n’est pas déjà fait.

Les conférences telles que la Legal IT de Montréal, la Legal Geek Conference de Londres ou la LegalTech de Paris demeurent les meilleurs forums pour entrevoir l’effet perturbateur des technologies de l’information (IT). Personne ne veut se retrouver dans le creux de la vague.

Londres : un hub très dynamique

Les innovations présentées à la Legal Geek Conference de 2016 frappent l’imaginaire. ThoughtRiver offre par son logiciel un support aux firmes dans l’évaluation de risque des contrats. Son logiciel supplémente les avocats dans leurs prises de décisions en automatisant la prise de donnée et l’évaluation des risques légaux par l’entremise de base de données interne et publique.

TrademarkNow est une autre pionnière du secteur. Ses fondateurs ont présenté laplateforme qui permet à tout usager d’effectuer une veille des marques déposées. Chaque année, il y a plus de 5 millions de noms qui sont enregistrés. Son algorithme complexe permet de repérer des noms de produits similaires et la probabilité d’une confusion de marques, créant ainsi des risques légaux.

Les robots-clavardeurs tels que DoNotPay et LawBot ont aussi fait parler d’eux à la conférence. DoNotPay a réussi à faire économiser aux Londoniens 6M$ en ticket de stationnement depuis son lancement il y a moins de deux ans.[3] De son côté, LawBot aide les utilisateurs à connaître comment le droit s’applique à leur délit et quelles sont les démarches subséquentes qu’ils doivent entreprendre.

Les avocats du Royaume-Uni auront à bien s’aligner, car comme le démontre une étude récente de Deloitte près de 114 000 emplois dans le domaine du droit seront automatisés d’ici les 20 prochaines années.[4]

Legal.IT

Bien implantée depuis 2007, la conférence montréalaise a elle aussi accueilli ses joueurs (en moins grands nombres certes) en mars 2016. Organisée par le Jeune Barreau de Montréal, Legal.IT et son volet vitrine technologique ont offert aux participants l’occasion d’en apprendre davantage sur les technologies actuelles. Legal Suite a présenté son nouveau produit GaLexy, similaire à ThoughtRiver, qui fait de la gestion de risque en matière contractuelle. TODOC offre de la notification électronique, XMedius et Lexop versent dans le domaine de l’échange de fichier sécurisé et de courriels sécurisés. Le président d’honneur de la 10e édition avoue d’emblée dans une entrevue à Droit-inc: « les avancées technologiques font que dans dix ans, ce qui faisait 100% de notre travai1 n’en fera plus que 10% »[5].

La France, un peu de retard

Le 16 et 17 novembre 2016 s’est tenu pour la première fois à Paris le Village de la LegalTech où 23 entrepreneurs de la LegalTech française ont promu dans un salon très couru leurs produits légaux dont plusieurs visent directement à offrir des services en ligne aux justiciables.[6] Un élément important à relever est la considérable avancée dans le notariat. L’algorithme de la Start-up My-Notary génère un compromis de vente immobilière qui est ajustable par notaire et signé par voie électronique à distance avec l’acheteur et le vendeur. D’autres plateformes tels que « Mes droits, mon avocat » offrent pour 80 euros un avis juridique en moins de 72h.

Il y a également Call a Lawyer qui pour 20 euros donne immédiatement accès à un avocat par téléphone pendant 20 minutes.

Acte réservé à la profession, un rempart?

C’est l’article 118 de la loi sur le Barreau du Québec qui réserve à l’avocat la consultation et la délivrance d’avis d’ordre juridique. Cet article constitue ni plus ni moins que le fondement légal de l’existence de l’avocat en tant que profession. Donc, peut-on qualifier le résultat auquel conduit l’algorithme ou le logiciel d’un avis d’ordre juridique ou d’une consultation? Difficile à dire, car il n’y a jamais eu de cas de ce type encore au Québec. La jurisprudence nous est d’une certaine aide en ce qui a trait à la définition de l’avis ou la consultation d’ordre juridique.

Dans Barreau de l'Abitibi-Témiscamingue c. Gérard Guindon, le juge Miville St-Pierre écrit : « un avis, c'est plus qu'un renseignement ou qu'une information; cela requiert qu'on donne une opinion, ou un point de vue ou qu'on exprime sa pensée sur un sujet sur lequel il peut y voir plusieurs opinions différentes. Et si ces avis ou opinions portent sur une matière d'ordre juridique, alors elles sont du ressort exclusif de l'avocat. »

Dans un récent jugement de la Cour d’appel, le juge Rochette cite le passage suivant, tiré d’une publication du Forum Canadien sur la justice civile : l'« avis ou le conseil juridique » consiste à donner des réponses personnalisées sur la façon dont le droit s'appliquerait à un cas particulier ou l'option qu'une personne devrait choisir ou le résultat probable qu'elle obtiendrait. »[7] Il ajoute également qu’il faut déterminer si les faits et gestes reprochés « relèvent généralement de la compétence de l’avocat »[8]

États-Unis, en bonne position

Nos voisins du sud sont en bonne position pour qu’il n’y ait aucun frein à la pratique du droit par des algorithmes. La Cour d’appel pour le deuxième circuit dans l’affaire David Lola a donné une définition fragilisant la définition d’un acte juridique : « an individual who undertakes tasks that could otherwise be performed entirely by a machine cannot be said to engage in the practice of law »[9]

L’American Bar Association a notamment rapporté en 2015 que 41% de ses membres ont téléchargé au moins une application mobile liée au droit.[10]  Les usages les plus répandus sont des applications permettant de les suppléer dans leurs recherches et classements de document.

Un nombre considérable de Start-ups sont déjà à l’œuvre dans le vaste marché américain. Mention spéciale à LegalZoom dont le nombre d’utilisateurs en 2011 se chiffrait déjà à 2 millions[11]. Cette entreprise offre des services de création de documents légaux personnels ou corporatifs.

 

[1] http://ajbm.qc.ca/wp-content/uploads/2016/05/rapport-sur-la-situation-de-l-emploi-chez-les-jeunes-avocats-du-quebec-web.pdf

[2] http://www.susskind.com/

[3] https://www.theguardian.com/technology/2016/jun/28/chatbot-ai-lawyer-donotpay-parking-tickets-london-new-york

[4] https://www.ft.com/content/5d96dd72-83eb-11e6-8897-2359a58ac7a5?utm_content=bufferba407&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

[5] http://www.droit-inc.com/article17379-Dix-bougies-pour-Legal-IT&highlight=%22legal%20IT%22

[6] http://www.village-justice.com/articles/Voici-1er-salon-francais-LegalTech,22913.html

[7] Para. 32Charlebois c. Barreau du Québec (2012 QCCA 788)

[8] Ibid., para. 32.

[9] http://harvardlawreview.org/2016/01/lola-v-skadden-arps-slate-meagher-flom-llp/

[10] http://www.legaltechnology.com/latest-news/aba-survey-highlights-extent-of-lawyer-mobility-as-tech-opportunities-and-challenges-evolve/

[11] http://www.canadianlawyermag.com/6139/Let-the-robots-help-the-public.htm

RÉFLEXION NOCTURNE

Catherine Jeanne Pelletier

Peut-être est-ce parce que j’écoute Only time d’Enya en boucle depuis 90 minutes, à me morfondre dans mon lit tout en faisant jouer les pires scénarios catastrophes dans ma tête, mais au moment d’écrire ces lignes, je prenais un pervers plaisir à penser à tous ces moments où je l’ai échappé. Et par l’échapper, je ne parle pas seulement de la fameuse fois au feu Star Bar où, du haut de mes 16 ans, j’ai cru bon d’imiter Superman dans les escaliers, s’en est suivi un délicieux hématome à la grandeur de mon visage, mais également ces moments qui vous restent en tête plusieurs années durant, ces et si, si j’avais su, si j’avais agi autrement, si j’avais dit non, si j’avais dit oui … Notre mémoire, nos regrets, nos souvenirs à retardement, qui parfois prennent trop de place et nous empêchent de penser rationnellement, de se concentrer sur nos lectures en droit patrimonial, de s’endormir sans y consacrer au préalable deux bonnes heures. J’ai en tête un évènement qui s’est passé cet été. Je n’y avais pas songé un seul instant depuis, mais tout m’est revenu en bloc en voyant une pauvre fille, seule, un soulier orphelin au pied et assoupie sur une banquette au Shaker, la semaine dernière (elle avait bu plus que du Nesquik aux fraises cette soirée-là, je serais prête à le parier). Je me rappelle m’être dit que j’étais contente de ne pas être à sa place, d’être soulagée de ne plus sentir le besoin d’atteindre le chic niveau de Lindsay Lohan lors de sortie à se déhancher au Dag, et d’être en mesure de me contenter de deux verres d’alcool sans difficulté désormais. D’être plus alerte vis-à-vis le danger inhérent (et je n’exagère même pas) associé aux soirées dans les bars. Puis j’ai pensé à cet été, ma date était sur le point de se terminer, et nous étions heureux de profiter des derniers moments de ce rendez-vous par une promenade sur la Terrasse Dufferin (c’est romantique hein?). Alors que nous étions sur le point de conclure par un chaste baiser surplombant le fleuve, j’aperçus du coin de l’œil une femme. Elle était étendue sur le monument de Wolfe et Montcalm dans le parc des gouverneurs, vous savez ce parc situé sur la gauche du Château Frontenac avec le monument en forme de tourelle blanche? Intoxiquée, saoule, confuse, j’ignore qu’est-ce que cette femme avait, mais visiblement elle n’allait pas très bien. La trentenaire roulait sur elle-même lentement. Comme elle semblait seule et que nous approchions de minuit, j’ai cru bon d’indiquer à mon boy, le frustrant ainsi de l’occasion idéale d’embrasser une top-lady, qu’il faudrait aller vérifier son état. Alors que nous nous approchions d’elle, un homme sortit de sa voiture stationnée près du parc et nous informa qu’il était avec elle, qu’il s’en occupait. Sans poser plus de questions, rassurés à l’idée que quelqu’un prendrait soin de cette femme, nous retournions nous occuper de nos petites affaires.

Six mois plus tard, je pense encore à cette soirée, souvent même. Et pas seulement à cause des abdominaux découpés du beau William, mais à cause de ma réaction vis-à-vis cette femme. Qu’est-ce qui lui est arrivée, je ne le sais pas, et ne le saurai probablement jamais. Je sais cependant que je n’ai jamais vérifié avec cette dame si elle allait bien, je ne lui ai pas demandé si elle connaissait cet homme, et n’ai pas non plus questionné celui-ci à savoir ce qui lui était arrivée pour qu’elle se retrouve dans un si piètre état. Et je m’en veux.   La solidarité féminine m’apparaît comme d’un mouvement indispensable et précieux. Cette même solidarité qui me fit monter les larmes aux yeux lorsque plus jeune, je n’ai pas été en mesure de répondre à cet homme harcelant et menaçant dans l’autobus, et qu’une dame de l’âge de ma mère insista pour me reconduire chez moi pour s’assurer que l’homme ne me suive pas.  Cette solidarité qui est appliquée chaque soir dans les bars, un regard appuyé et un sourire pour signifier à l’autre qu’on est bien conscient de sa situation et qu’on est là pour l’aider en cas de besoin.  

Cette solidarité qui fait chaud au cœur, qui vient nous rappeler que le monde est bon. Qui n’est pas toujours féminine, loin de là, on en a bien besoin de ces gars-là généreux et sensibles à l’autre. Je me rappelle très bien, il y a quelques semaines, alors que j’attendais l’autobus (c’est étonnant tout de même à quel point il s’en passe des situations malaisantes dans le 801) en ville après mon shift de soir, comment un jeune homme s’interposa silencieusement entre un ivrogne bedonnant et déplacé et une jeune fille trop timide pour imposer ses limites. La fierté que j’ai ressentie en le voyant défendre cette jeune femme.

Comme quoi la solidarité se présente de diverses manières, de différentes façons, elle est imprévue, inattendue, et essentielle. On n’a pas de pouvoir sur notre passé, mais on peut choisir d’être bon, d’avoir de la compassion, d’être généreux, d’être sensible, ça on le peut et ça, on le doit.

Entrevue avec Jean-François D’Auteuil

Jeanne Larose, rédactrice en chef

 Jean-François D'Auteuil 

Jean-François D'Auteuil 

 

Dans un baccalauréat où la profession d’avocat nous est présentée sous tous ses angles, le notariat est méconnu, il intrigue. Afin d’en connaître davantage sur le juriste de l’entente, j’ai rencontré Jean-François D’Auteuil, notaire fiscaliste chez BLANC et chargé de cours en droit des successions à l’Université Laval. Survol d’une profession aux activités des plus variées. 

1)       En quoi consiste le travail d’un notaire ? Quel genre de dossiers traitez-vous le plus?

Traditionnellement, les notaires concentraient leur pratique en droit immobilier et en droit des successions. Les changements législatifs des années 80 et 90 ont amené les notaires à élargir leur champ de pratique, notamment par l’inclusion des mandats de protection et des régimes de protection comme la tutelle et la curatelle. De plus, les notaires partagent certains champs de pratique avec les avocats, notamment le droit corporatif. Certains d’entre eux vont aller chercher des spécialités telles que la fiscalité, comme j’ai fait. Pour ma part, je ne fais que du droit corporatif, du droit successoral et du droit fiscal. Lorsque les jeunes notaires entrent dans un bureau à titre d'employé, ils se font confier davantage les dossiers immobiliers, plus routiniers et moins intéressants. Ce ne sont pas les dossiers les plus payants pour un notaire. Avec le temps, ils vont toucher peu à peu aux dossiers de successions et de mandats. En amenant leur propre clientèle, ils peuvent se réserver les dossiers les plus stimulants au travers des dossiers d’immobilier qui leur sont assignés. Lors de notre travail, il nous arrive de collaborer avec les avocats. On cherche à avancer notre dossier le plus possible avant leur intervention, mais elle peut devenir inévitable. Il suffit d’un membre d’une succession qui n’est pas d’accord avec le règlement de celle-ci qui demande les services d’un avocat pour les inclure dans le processus.  Les légataires et le liquidateur doivent alors se défendre. Dans ce cas, le notaire n’est pas écarté complètement. On interrompt une partie de son mandat pour qu’il le poursuive ensuite lorsque le cas en cour sera réglé.

2)       Quels aspects de votre travail préférez-vous?

J’aime particulièrement le contact avec les clients, on les voit souvent en personne. Une grande partie de ma journée consiste aussi à rédiger des courriels et faire des appels avec les institutions financières, les comptables et les créanciers. On cherche à ce que tous les professionnels du client soient à jour et posent un regard dans la même direction.  

3)       Quels aspects de votre travail peuvent être plus éprouvants ?

Il arrive que la complexité d’un dossier ne vienne pas du droit, mais plutôt de sa charge émotionnelle. Il arrive que les clients soient dans des situations précaires et difficiles à gérer, comme un décès ou des problèmes financiers. Certains dossiers comportent des chicanes familiales. Sur le plan professionnel, la charge de travail n’est pas répartie équitablement dans une année. Certaines périodes sont plus achalandées, comme les fins d’année et l’hiver dans mon cas, alors que d’autres seront plus tranquilles. Les notaires plus axés vers le droit immobilier sont très occupés du mois de mars à la fin juillet. Ce ne sont donc pas tous les notaires qui ont la même période d’achalandage.

3)      Outre la maîtrise en droit notarial, quelles spécialisations sont pertinentes au travail d’un notaire?

Les maîtrises les plus fréquentes sont celles en fiscalité, qui se donnent à l’Université de Sherbrooke ou au HEC. L’Université Laval, quant à elle, offre une spécialisation en droit de l’entreprise. Hormis les diplômes universitaires, on peut aussi suivre certaines formations pour obtenir des accréditations notamment en médiation familiale, qui devient accessible après quelques années de pratique notariale. Il est aussi possible d’obtenir une accréditation en procédures non-contentieuses, qui prend peu de temps. Certains notaires se spécialisent de leur propre chef dans un domaine bien précis, comme la vente d’entreprise de taxis en droit des transports. En droit immobilier, on peut se spécialiser en coopératives d’habitation ou en copropriété. De manière générale, les notaires suivent quelques petites formations comme la formation de célébration de mariage, pratique à avoir sans pouvoir toutefois en vivre.

En ce qui a trait à la formation continue des notaires, ils ont l'opportunité de suivre deux cours de perfectionnement par année. Il y a aussi un congrès à tous les trois ans et diverses autres formations reconnues. Le notaire doit atteindre trente heures de formation continue aux deux ans. La durée de formation dépend du nombre d’années d’expérience du notaire, puisque les jeunes notaires sont exemptés pour leurs deux premières années de pratique.

4)      Quelles qualités sont nécessaires pour exceller dans cette profession?

C’est le juriste de l’entente, ce qui nécessite une bonne écoute des parties au dossier. Ça prend de la minutie ainsi que de la créativité au niveau de la rédaction. Le public n'a pas toujours conscience du travail du notaire qui consiste à adapter les documents juridiques à la situation propre de chacun, ça demande de l’imagination. Il faut également un haut degré d’empathie, dépendamment du secteur, comme lors du règlement des successions ou de l’ouverture d’un régime de protection.

5)      À quoi ressemble la situation de placement des notaires sur le marché du travail?

Il est plus difficile de trouver un emploi en ville, étant donné que plusieurs étudiants provenant des régions prennent goût à la ville et décident d’y rester. Cependant, en région, les notaires trouvent plus aisément du travail. De beaux stages leur sont offerts, qui consistent plus en des expériences de généralistes que de spécialistes. La compétition est moins forte, ils peuvent donc mieux gagner leur vie en débutant. Il faut dire que les étudiants en ville réussissent tout de même à se trouver un stage, mais les cinq premières années peuvent être plus difficiles sur le plan financier. En améliorant sa formation, le candidat intéresse davantage les bureaux et il gagne plus rapidement un bon salaire.  La maîtrise en fiscalité, par exemple, ouvre plus de portes. Elle offre la possibilité de travailler dans un cabinet comptable, au gouvernement comme à Revenu Québec, ou même dans un bureau d’avocats. Avec ou sans maîtrise, les notaires ont des perspectives d’emploi au gouvernement, comme pour rédiger des contrats et des appels d’offre par exemple. Il est aussi possible pour eux de travailler au sein d’organismes paragouvernementaux, les institutions financières et les sociétés d'assurance. 

DÉCORUM

Marie-Philipe Lévesque

La semaine dernière, j’ai assisté à « la soirée des affiches » du Département de chimie de l’Université Laval. Je suis sortie de la Faculté de droit. J’ai vu autre chose. J’ai eu un choc. 

La soirée des affiches est une soirée qui prend la forme d’un petit colloque où plusieurs projets étudiants sont présentés. Il y a quelques événements de ce genre chaque année. On y retrouve des kiosques où la présentation de résultats de recherche est faite. Des étudiants de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat y exposent. Lors de ces événements, des professeurs, des chercheurs et des professionnels de l’industrie sont présents pour entendre les présentations, puis pour les évaluer. Il s’agit également d’une soirée de reconnaissance puisque des prix y sont remis.

Cet événement, étant l’un des plus importants de l’année pour les gens de ce département, demeurait pourtant ouvert à tous. Mon amie, étudiante en chimie cosméceutique, m’y a invitée afin que je puisse assister à la présentation finale de ses projets estivaux. Familles et amis étaient les bienvenus; ils se mélangeaient aux professionnels ainsi qu’aux évaluateurs facilement. J’ai eu cette opportunité de voir ce qui peut se dérouler près de nous, ailleurs sur le campus.

...

J’ai eu un choc. Un choc positif, mais certes un choc. Bien que la comparaison soit trop forte, je fais un rapprochement avec un choc culturel. La culture de la Faculté de droit affronte celle du Département de chimie. J’ai été surprise de voir à quel point cet événement aussi notable se déroulait dans une ambiance tant décontractée. De voir que les gens extérieurs à ce domaine, comme moi, étaient accueillis sans problème fut réellement rassurant.

Cette petite aventure vécue de l’autre côté du Grand axe, dans le monde des scientifiques, m’a fait ouvrir les yeux. Nous accordons tellement d’importance au décorum! Nous, étudiants en droit, professeurs de la Faculté, notaires et avocats venant de cabinets, professionnels œuvrant de près ou de loin dans le monde juridique, accordons tellement d’importance aux règles de bienséance qui sont d’usage dans notre société. Nous sommes soucieux de garder notre rang ou encore de bien paraître. Plusieurs auront la crainte d’être vus comme des personnes non professionnelles.

Évidemment, je sais très bien que ce n’est pas tous les juristes qui sont à cheval sur les convenances et je ne dis pas non plus qu’il faut totalement laisser tomber la bienséance. Cependant, je crois que nous pourrions prendre exemple sur l’événement dont je viens de vous parler. La soirée était officielle, des personnes importantes et très qualifiées étaient présentes, les discussions étaient sérieuses.

Nous pouvons faire la même chose. Nous pouvons rendre nos soirées mondaines davantage décontractées tout en ayant de riches conversations juridiques. À mon avis, il serait également très enrichissant, pour notre société, d’inviter nos proches à se joindre à nous pour certains événements. Cela permettrait de clarifier la conception de la justice et de la rendre plus compréhensible aux yeux de tous. Pensons-y, nous avons tous les mêmes droits. Enfin, la tour d’ivoire dans laquelle nous sommes pourrait tomber.

Votre opinion sur les sujets de l'heure

Comité Question de genre

Le mois dernier, le comité Question de genre de la faculté a pris l’initiative de publier un bref sondage regroupant diverses questions abordées et surtout critiquées par les médias. Ce dernier avait pour but de mieux connaître l’opinion réelle de la société sur des enjeux tels que la discrimination fondée sur le sexe, la culture du viol, la banalisation de certains actes à caractère sexuel, le féminisme ainsi que les initiations.

Qu’ont-ils en commun ?

Ils ont tous fait l’objet des manchettes à maintes reprises, suite à de malheureux événements s’étant produits sur les campus universitaires québécois. C’est suivant ce tollé médiatique que nous voulions connaître votre opinion sur ces questions. Après compilation de nos résultats, nous souhaitions vous transmettre le constat qui ressort de cette analyse.

- 70% des 626 répondants se disent féministes

- 80% d’entre eux croient que la culture du viol existe dans notre société

- Près de la moitié affirment avoir déjà été victime de discrimination fondée sur le sexe

- 70 % des participants ne croient pas que les hommes et les femmes sont égaux au Québec

N’est-il pas encourageant de voir que les étudiants universitaires sont sensibles à ces problématiques? Nous pensons que oui. Le simple fait de se pencher sur ces concepts importants est en soi une piste de solution. La citation « violence ends when education begins » se pose bien avec l’essence de ces différents thèmes. 

Dans le même ordre d’idées, nous avons noté qu’une forte majorité de répondants, soit 9 sur 10, croient qu’il serait pertinent de réintégrer les cours d’éducation sexuelle dans les écoles. Pour continuer dans les citations, Nelson Mandela, l’un des plus grands militants de ce monde a dit un jour «education is the most powerful weapon which you can choose to change the world ». Cette affirmation pourrait donc très bien s’appliquer dans le cas des violences et discriminations à caractère sexuel.

Malheureusement, il existe toujours de tels gestes de violence dans notre société et il est important d’adopter des comportements favorisant la dénonciation de ces actes malheureux en arborant la tolérance zéro face à ceux-ci.

Parce que les chiffres et les opinions le démontrent, il s’agit de sujets d’envergure qui ne doivent pas être pris à la légère.

 

Nous vous remercions de votre participation !

Élodie Drolet, Élisabeth Maheux, Charlotte Reid, Odélie Beaurivage Godbout et Camille Dupont

RETROUVER NOS REPÈRES DÉMOCRATIQUES

Philippe Maltais-Guilbault 

Rares sont ceux qui avaient prédit, sur la base d’informations crédibles, la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle.

Depuis, tout a été dit à ce sujet : rejet de l’ « establishment » et des « élites politiques », protectionnisme en réaction à la mondialisation des marchés, montée de la xénophobie, etc. Il était rassurant de voir la vaste majorité des panellistes critiquer la rhétorique haineuse du président élu. Toutefois, cela aura mis en sourdine un aspect pourtant incontournable de l’élection, soit la faiblesse du taux de participation.

Cette situation n’est pas nouvelle en soi. De manière généralisée, dans plusieurs sociétés démocratiques, on se désole du nombre d’électeurs qui se présentent aux urnes. Ce constat devrait servir de rampe de lancement à un vaste chantier de réflexion sur notre vie démocratique.

« De toute façon, ça ne sert à rien »

Les taux de participation électorale sont anémiques. Seulement 55 % des électeurs se sont présentés aux urnes lors de la dernière élection américaine. C’est le plus faible résultat en 20 ans[1]. Au Québec, la situation est moins alarmante (71,43 % en 2014[2]), sans être reluisante pour autant.

Mais qu’est-ce qui explique un tel désengagement? Plusieurs choses.

Bien souvent, comme simples citoyens, c’est difficile d’avoir l’impression de peser très lourd dans la balance. À ce sujet, notre système électoral n’offre pas vraiment de bon contre-argument. Pour diverses raisons, plusieurs comtés suivent les mêmes tendances depuis des années et la balance du pouvoir revient aux circonscriptions « baromètres ».

Bien sûr, c’est important d’exercer son « devoir de citoyen », mais on peut comprendre le désenchantement du péquiste d’Outremont, du libéral de Rosemont, du démocrate du Kentucky ou du républicain de Californie qui prennent tous le temps d’aller perdre leurs élections tous les 4 ans. On salue votre courage et votre détermination.

Où sont les jeunes?

La place des jeunes doit être au centre de cette réflexion. Au cours des dernières années, c’est chez les 18-34 ans que la baisse de participation est la plus importante[3]. Il s’agit là d’une situation alarmante.

Malheureusement, les politiciens ont perdu l’habitude de s’adresser à cette tranche de la population. Après tout, pourquoi parler à des gens qui ne sortiront pas voter de toute façon? Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas ce qui va améliorer les choses.

En effet, il est fort probable qu’un jeune qui n’exerce pas son droit de vote à sa première occasion ne le fera pas aux élections subséquentes. Pourtant, avec le renversement de la pyramide démographique, les jeunes d’aujourd’hui sont destinés à occuper une place de plus en plus importante et ainsi façonner des politiques publiques à leur image.

Si la tendance se maintient, nous serions plutôt à risque de vivre un déficit démocratique important.

C’est la faute des médias?

C’est rarement une bonne idée que de s’attaquer aux médias pour expliquer ses propres échecs. Cependant, notre façon de nous informer devrait aussi faire partie de la réflexion pour expliquer le décrochage démocratique.

La couverture politique est particulièrement négative. C’est rare qu’on souligne les bons coups et qu’on se lance des fleurs. En tant que tel, ce n’est pas surprenant. C’est même souhaitable que de faire ressortir ce qui cloche. Cependant, il ne faut pas se surprendre que d’entendre sans cesse des histoires de corruption, ce n’est pas particulièrement enthousiasmant. Par rapport à cela, la classe politique n’a qu’elle-même à blâmer. Après tout, le rôle des médias est en partie d’être le « chien de garde de la démocratie ».

Ce rôle implique toutefois qu’on s’attarde aux véritables enjeux. Pourtant, au quotidien, dans plusieurs médias, on s’intéresse davantage à la joute partisane qu’à une véritable analyse des propositions. Sur les panels d’information, qui n’ont pour la plupart rien à envier à l’Antichambre, la politique est présentée comme un sport. On veut savoir qui a « gagné la journée », qui a obtenu la meilleure « clip », qui a su imposer son agenda, etc.

En agissant de la sorte, on banalise les enjeux. La politique devient un simple champ d’intérêts auquel on peut tourner le dos ou baisser le volume sans avoir à se sentir trop coupable. Encore là, rien de très engageant.

Une réforme souhaitable

L’an dernier, en campagne électorale, Justin Trudeau avait mis la réforme du système électoral au cœur de sa plateforme. Durant la campagne présidentielle américaine, Donald Trump répétait à qui voulait l’entendre que le collège électoral était un véritable désastre pour la démocratie. Dans les deux cas, après l’élection, ils ont visiblement découvert de nouvelles vertus au système qui leur a donné le pouvoir.

La mise au rancart d’une telle réforme par le gouvernement libéral ne ferait qu’alimenter le cynisme ambiant. Ainsi, pour la suite de son mandat, il est primordial que le premier ministre respecte son engagement.

En allant de l’avant, nous aurons alors la chance de remettre le citoyen au cœur du système et lui permettre de retrouver ses repères démocratiques.

Philippe Maltais-Guilbault

Membre

Comité d’Action Sociopolitique

 

[1] http://www.cnn.com/2016/11/11/politics/popular-vote-turnout-2016/

[2] http://www.electionsquebec.qc.ca/francais/tableaux/historique-du-taux-de-participation.php#no8

[3] http://www.cms.fss.ulaval.ca/recherche/upload/chaire_democratie/fichiers/participation_regionsjeunesvf181016.pdf (page 16)

Royal

Ève Gaumond 

La Faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité, tu le sais parce que tu as décidé de ne pas y étudier. Peut-être aussi n’est-ce pas toi qui aies pris une telle décision, mais plutôt la faiblesse de ton dossier académique qui t’as forcée à te rabattre par dépit sur l’Université Laval. En tous les cas, le fait d’évoluer entre les murs décrépis du DKN fait-il de toi un candidat de taille pour ravir le titre de « déchet cardinal de l’humanité » au protagoniste du roman Royal paru en octobre dernier?

Voilà la question que pose la lecture de l’œuvre vitriolique de Jean-Philippe Baril-Guérard sur l’univers dans lequel nous, juristes en devenir, évoluons tous. Affairés à nos lectures, entre des Post-it et des gourdes commanditées, le dos courbé par la pression de la performance, il est facile de s’égarer.  Le roman Royal s’empresse de ramener à l’ordre quiconque aurait perdu de vue ses motivations réelles. Douche froide pour certains, baume apaisant pour d’autres, cette œuvre est la matérialisation la plus tangible du cliché éculé du roman dont on ne sort pas indemne.

À la fois criant de vérité et en même temps si caricatural que n’importe quel œil externe crieraità la grossière exagération, Baril-Guérard réussit à cerner aves justesse un milieu dont il ne provient pourtant pas. Lorsque le personnage principal décrit ses confrères étudiants, le mépris est roi, et on rit parfois en reconnaissant nos camarades. Or, le rire est moins franc lorsque l’on se reconnaît sous les traits bien peu avantageux de l’un ou l’autre des personnages. L’auteur se garde bien, par contre, de voir dans son livre une critique du monde juridique. Il en dresse plutôt un portrait cru, mais véritable, qui laisse tout le loisir au lecteur de réfléchir par lui-même. Et bien qu’il s’agisse d’une lecture qui puisse être confrontante, elle permet de se rappeler, a contrario, qu’il existe une multitude de bonnes raisons de se passionner pour le droit et que, dans ce monde étrange, la détermination et le travail sont souvent la clef du succès. 

Au point de vue stylistique, la plume post-moderne de l’auteur n’est pas en elle-même remarquable, mais l’intelligence et la justesse du propos transcende largement le contenant dans lequel l’œuvrese présente. En somme, la lecture de Royal, tel un aparté dans nos vies effrénées, constitue sans aucun doute la plus efficiente des pertes de temps. Et puisque l’auteur est certainement bien plus éloquent que moi, je le laisse, par le biais de ce court extrait, vous convaincre de l’opportunité de lire son livre. 

-          Si vous êtes ici, c’est que vous appartenez déjà à l’élite de notre société.

Suffit d’un regard sur l’amphithéâtre pour faire mentir le doyen : vous êtes presque deux cents, ici. En ce moment même, il y a probablement deux cents jeunes personnes à McGill qui se font dire la même chose, mais en anglais. Peut-être une centaine à ULaval, aussi, qui se font dire la même chose avec des fausses diphtongues prononcées. Ça fait cinq cents, sans compter ceux de Sherbrooke, qui ne font certainement pas partie de l’élite, mais qui étudient quand même le droit, et l’UQAM qui offre une excellente formation pré-universitaire. On va pas se conter de pipes : L’élite de la société, dans la tranche d’âge des 18-25 ans, ça se compte par centaines; il doit nécessairement y avoir de l’ivraie ici. 

Collaboration spéciale: Quid Novi, Université McGill

Warning Signs

Matt Malone

On the second floor of New Chancellor Day Hall, there is a portrait of a student in the east-facing alcove. The photo does not mention much. At most, the profile’s ambiguous caption puzzles the curious onlooker. It is through this portrait that I first came to the story, chatting about it with two friends.

In the summer of 1987, Patricia Allen, a third year law student at McGill, met her future husband in Thompson House. Patricia was a remarkable student in our Faculty - highly intelligent, absorbing, wickedly funny, hard-working, with a very bright career ahead of her. But because of this meeting at Thompson House, her story is a tragic one.

Patricia had come to the Faculty of Law from Ottawa, where she graduated with a B.A. in Philosophy. After briefly working in an advertising agency, she entered the Faculty of Law in 1984. Friends of Pat told me that the Faculty in those days was a family. Within that family, Patricia belonged to a tight-knit group of excellent students. She and her group rarely left the vicinity outside of Peel and Dr. Penfield, passing most of their time in the orbit of the Faculty and Thompson House. She graduated near the top of her class.

                Like Pat, her future husband was a bright young man: Colin McGregor had been Class President and Valedictorian at Marianopolis College. He also attended McGill, where he was on the debating team and participated in national championships. He graduated with a B.A. in literature in 1984 and went to work at a series of newspapers around Canada before returning to Montreal. He was an articulate, thoughtful, and passionate young man. When they met, they dated briefly and intensely. He sent her flowers everyday and called her incessantly.

Colin and Patricia married shortly after her graduation. They moved to Ottawa, where Colin started working in communications for a pharmaceutical company. As a top student with a strong interest in tax law, Patricia had received offers from all the illustrious firms, but she decided against biglaw and got a job at Revenue Canada. Within a year, she received a promotion that doubled her salary. While Patricia succeeded at work, Colin started studies towards a Master’s Degree in Public Administration. Later, friends would reflect that it was evident that there were problems in their relationship. Colin became possessive. He was bothered by her promotions. He kept taking jobs that he couldn’t hold down. The marriage started to disintegrate.

 

As nurses’ notes would later show, Patricia witnessed angry outbursts by Colin during this time - though not towards her, only objects. They also show that Patricia expected to divorce him, and that Colin foresaw financial difficulties resulting from the divorce. Patricia informed health officials that initial discussions of their breakup came before Colin’s mental health problems. For his part, Colin attested to them coming later.

In May 1991, Patricia went on a business trip to Edmonton. After she left, Colin made a series of visits to the Ottawa Civic Hospital. Over the course of a few days, his psychological behavior was assessed and he was admitted to the psychiatric ward for observation. He was administered an antipsychotic drug.

Throughout the early summer months, Colin started a co-op placement at the Department of National Defense. But his performance in the position declined rapidly. He continued to undergo assessments by psychiatrists at the Ottawa Civic Hospital. The psychiatrist who saw him the most later testified that Colin came around to the idea that he was overreacting to paranoic health concerns. This doctor also maintained that she believed Colin “had the capacity to appreciate the moral wrongfulness of an act.”

In July of that year, neighbours started to hear loud arguments between Colin and Patricia at their home in Ottawa. Colin started to miss work. Patricia often accompanied Colin to the hospital for psychiatric visits. She was losing sleep, as Colin started to keep her awake at night. By August, her parents intervened to tell Colin to give Patricia the time to relax so that she could continue to function at work. There had been talk throughout the summer of a divorce by Christmas time, but Patricia was concerned that this would give Colin false hope of a reconciliation.

In late August, Colin’s condition worsened. He was convinced that he was dying from herpes and stated that he wanted to commit suicide. Patricia contacted a psychiatrist familiar with Colin’s case. Colin was admitted to the crisis intervention unit in the Ottawa Civic Hospital. It was at this time that Patricia informed Colin she wanted to divorce him. While Colin was in the hospital, Patricia contacted a lawyer. Her lawyer wrote a letter to the Ottawa Police voicing concerns about Patricia’s safety.

After the first week of September, Colin was granted an overnight pass from the crisis intervention unit to stay with Patricia at their home for one night. When he returned to the hospital, Patricia called the hospital telling them that she had received a call from Colin saying he was going to kill himself by overdose. He denied this statement, though an essay he wrote dated from that day is titled: “End Essay (a rambling diatribe).” It begins: “As I write these lines, I feel certain that I will die shortly of a systemic bodily virus.”

He was discharged from the hospital on September 9 with a diagnosis of a somatoform disorder, the persisting belief in medical diagnosis when there are no findings to support it. After his discharge, Patricia told Colin that she did not want him to stay at their house, which she had originally purchased with the help of her parents.

The day that Colin was discharged from hospital, Patricia began a diary titled “Diary of Threats.” After his discharge, Colin went to live with a friend for a week. But during this time and over the course of the next two months, Colin harassed Patricia.

                He frequently called her to voice his concern that he was dying. She got an unlisted telephone number. A close friend moved in to live with her. This friend later testified that she witnessed an incident at the end of September on a Saturday where Colin repeatedly called her, and then, at 11:00 p.m., after they had gone to bed, opened the door to the house with a key. Patricia and Colin argued before he left. Patricia then bought a chain for her door.

                Two weeks later, Colin once again tried to enter the house with a key at night. They spoke through the door, and finally he agreed to leave. But when Patricia and her friend went to bed, they heard Colin rattle the windows and the patio backdoor. As they called Patricia’s parents for help (her father was an RCMP officer), Colin broke into the house. When they saw him, he had a wrench in his hands. He remained calm. He walked upstairs, and came back downstairs with a book in his hands, telling them that it was he wanted. He left.

                Patricia’s lawyer wrote the separation agreement. She insisted that Colin did not need to repay her for the money that Colin had used to go to school. By early October, Colin had also enlisted a lawyer. Throughout October, their separation dragged on through their lawyers.

In late October, Colin purchased a weapon. The store clerk later testified that Colin knew exactly what he was looking for in the store. He later told his psychiatrists that he purchased the weapon with the goal of suicide.

                The following day, and over the course of the next week, Colin was repeatedly admitted to the hospital. He continually spoke of suicide and dying, and told a friend of his that he would die before the end of the year. On November 2 he checked into a motel. The following day he met with Patricia to discuss the separation agreement. On the same day, later that night neighbours saw him staring into the window of her house.

                On November 5, he signed an application for a firearms acquisition certificate and left it with the registrar at the Ottawa Police. Four days later, he bought binoculars. On November 11, he rented a car from Hertz for three days and moved into a different motel. The following morning, he circled the block of Patricia’s house several times. In the evening, he called the police to ask if his wife had brought a complaint against him that day. The operator told him that nothing would happen right away, unless he was suspected of trying to murder her. Colin asked if he was under suspicion.

The separation agreement was finally received by Colin’s lawyer on November 12.

                “On November 13th, 1991, the accused returned to Ms. Allen's residence early in the morning, parked his car and waited for her. Ms. Allen got in her vehicle and the accused followed her. She drove to her dentist's office on Argyle Avenue in the City of Ottawa, parked her vehicle on the street and entered her dentist's office shortly before her 8:15 a.m. appointment. The accused entered the parking lot adjacent to the dentist's building at 8:09 a.m. and parked his vehicle. He remained in the car waiting for her. Ms. Allen left her dentist's office at about 8:30 a.m. She walked to her vehicle. The accused got out of his vehicle and followed her holding [a] crossbow hidden in a garbage bag. She got to her vehicle and put her keys in the door. He got up to her and she saw him. She turned around and asked him, "What are you doing here?". He looked her in the eye and shot a bolt through the garbage bag into her chest. She screamed. He dropped the crossbow in the garbage bag and ran across the parking lot onto McLeod Street. She collapsed to the ground. An ambulance brought her to the hospital where she was pronounced dead. The autopsy would reveal that the bolt passed through the right chest wall, right lung, the heart, aorta, oesophagus, left lung, left chest wall and the tip exited through the back.”[1]

                Colin immediately turned himself over to the police. When asked how long he had been thinking of killing his wife he said: “I don't know. I've been very upset at my wife. I just want to die. I just want to die. It's all I want to do. I want to kill myself now. I want to hang myself in my cell or I want to shoot myself. I'm a monster.”

Friends and family knew that the situation was bad, but they had never conceived that it would go that far. Such extreme violence is the complete dehumanization and diminishment of another person. It is the worst exhibit of humankind. Yet violence of this kind is channelled in our society. In the year of Patricia’s killing, 87 women were victims of spousal homicide in Canada. The day after Patricia’s murder, 67 women called the Ottawa police to tell authorities that they feared violence at the hands of their ex-partners. Over the month of November, that number rose to 453.

                I was told by Pat’s friends that living with the pain of losing someone to a senseless act of violence is a deeply unfocusing, disturbing experience. It can take a long time to come together and rehabilitate after such an experience. To try and make sense out of the senseless. To produce any good from such evil. The burdens of repair and healing are immense.

                Following her murder, Pat’s friends, family, and community, including members of the Faculty, took steps to lobby the government to put a federal ban on crossbows. Then Dean, Yves-Marie Morissette, wrote a letter on behalf of the ban. The Minister of Justice, Kim Campbell, came out in favor of the ban - but then rescinded her support. After a change in government, the ban was finally approved in 1994. The debate in the House of Commons specified the memory of Patricia Allen. It was a victory. For the friends and family of Pat, it brought an enormous cathartic effect. But in the end, that catharsis was the main and lasting effect. There remain countless ways to carry out a murder if the circumstances and intentions to do so exist. No one knows if the ban prevented another murder. No one can say. The roots of violence go further than mere weapons.

The essence of this story is the conundrum of violence. Where does violence come from? Is it socialization? Disease? Culture? Male privilege? An inadequate health care system? The fact that Colin’s father was an abusive alcoholic? That Colin was suffering an inferiority complex? That certain people are not seen as valid threats by our institutions? That women’s security is hardly taken as seriously as it could and should be?

I write these words on October 27, 2016. In a couple weeks, it will be the twenty-fifth anniversary of Patricia’s killing. After his trial by judge alone, presided by Justice Louise Charron (a decade before she was appointed to the Supreme Court of Canada), Colin was convicted of first-degree murder and sentenced to twenty five years in prison. He will become eligible for parole in a couple weeks. The twenty-fifth anniversary of Patricia’s murder is this year: November 13, 2016.

                I wrote to Colin to ask to meet him, but he ultimately declined my request out of a wish not to attract media attention. In prison, Colin writes in English and French, which he learned during his incarceration. He edits a magazine called The Social Eyes and writes about concerns of mental health in the incarceration system. In addition to co-authoring the Québec Manual Against Suicide, he has published a novel called Teammates, about mental health.

When I asked Pat’s friends from her university days for answers, I learned that clear answers do not always exist. Finding the sense to a senseless murder is a painful task. At times, I expected to see these peoples’ weakness, since I was asking such personal and past questions. But the truth is that these people exuded strength. What I realized in writing this story is that the individual pain of those people who lost Pat is burdened with another pain - the knowledge that she is lost is not only to them, but also to those of us who didn’t know her.

 

[1] R v McGregor, [1992] 43 OR (3d) 455, 22 CR (5th) 233. 

Histoire d'échanges

Alexandre Dion et Laurie St-Arnaud

 

Alex et moi avons eu l'agréable surprise d'être tous deux admis à la même université à Paris. Notre expérience en échange international est donc un peu différente de celle que peuvent vivre d'autres étudiants, puisque nous n'étions que très rarement seuls. C'est pourquoi nous avons décidé d'écrire ce texte conjointement. Nous espérons que le récit de nos aventures, version très très très abrégée (!), vous donnera vous aussi l'envie de profiter de cette chance unique que nous offre la faculté. 

Il faut d'abord savoir que nous ne sommes pas partis ensemble pour Paris, chacun désirant partir seul quelques semaines avant le début des cours. Nous n'avons donc pas vécu le départ de la même façon. Alex n'a véritablement eu aucun problème d'adaptation. De mon côté, je dois avouer qu'il y a initialement eu certains jours au cours desquels j'avais grandement remis en question ma décision de venir étudier de l'autre côté de l'océan. Disons que le fait d'être séparée de mon copain pour plusieurs mois ne m'enjouait pas particulièrement ! Je crois qu'il est normal d'avoir parfois de la peine d'être loin de nos proches, il suffit de ne pas la laisser s'installer, autrement le voyage se retrouverait complètement gâché. Pour cela, notre meilleur conseil est de vivre dans le moment présent, de profiter de ce que chaque instant, chaque endroit, chaque rencontre nous apporte. Notre périple s'achèvera dans moins de 3 semaines et nous n'arrivons pas à y croire. Où sont passés ces 4 derniers mois ?! Le temps a filé à une vitesse effrayante ! 

Côté logement, nous avions opté pour les résidences, le but étant de faciliter les rencontres. La Maison des Étudiants Canadiens est l'endroit rêvé pour cela, en plus d'être nettement plus abordable qu'un appartement (notre objectif était de pouvoir voyager autant que possible!). Dès l'instant où nos valises furent défaites, nous nous sentions comme à la maison dans nos petites chambres. Fini l'ennui !

En ce qui concerne l'enseignement, il est aux antipodes de ce que l'on a au Québec. En effet, l'éducation française est axée sur le formalisme et les cours le démontrent bien. Ici, pas question d'intervenir en classe, autrement vous risqueriez de vous attirer les foudres de vos collègues. Le professeur offre un cours magistral, au cours duquel il lit son exposé, sans place aucune pour la discussion et la mise en commun des opinions. Un des avantages concerne la grande emphase mise sur l'histoire et l'évolution qu'ont suivis les règles de droits avant d'arriver à ce qu'elles en sont à l'époque actuelle, ce qui a grandement enrichi notre culture générale. En toute honnêteté toutefois, c'était la chance de pouvoir voyager pendant 4 mois qui était la principale source de notre motivation à participer à un échange international, beaucoup plus que l'aspect purement académique. C'est d'ailleurs ce qui explique notre choix de cours. Nous avons ainsi préféré certains cours simplement en raison de leur horaire. En conséquence, nous avions 6 classes réparties sur 2 jours consécutifs, ce qui nous a permis de faire de nombreuses escapades un peu partout en Europe. C'était tout simplement incroyable ! Nous avons notamment visité ensemble la côte d’Azur, Amsterdam, Rome et Dublin. Nous avons également fait seuls quelques excursions. Alex a visité Bucarest, Berlin, Londres ainsi que Genève et Lausanne, alors que moi j’ai principalement exploré Séville, Grenade, Palma de Mallorca,  Chamonix, Copenhague et Stockholm. Ces listes sont par ailleurs bien loin d’être exhaustives !  Le voyage en solo peut à première vue paraître intimidant, voire parfois paniquant. De se sentir seul au monde l'instant de quelques jours aura pourtant été une expérience des plus enrichissantes qui nous a permis de développer notre autonomie en plus d'être la meilleure occasion de prendre du temps pour soi. C'est extrêmement cliché à dire, mais nous avons réellement appris à mieux nous connaître lors de ses quelques voyages solitaires. À ceux qui craignent l'idée : n'hésitez pas à découvrir l'aventurier/ère qui se cache en vous. Vous vous surprendrez !

Nous aimerions finalement conclure en abordant les 3 conseils qui nous semblent avoir le plus d'importance afin d'être en mesure de tirer le maximum de cette magnifique opportunité. D'abord, veillez à remplir l'ensemble des formalités requises pour votre séjour quelques semaines avant votre départ, afin d'avoir une marge de manœuvre en cas de pépin. En effet, le système français est un véritable fardeau bureaucratique. La procédure peut sembler très longue, ce qui peut décourager même les plus motivés. Néanmoins, entrepris à l'avance, le tout se fait généralement bien. Le jeu en vaudra d'ailleurs bien la chandelle, promis ! Ensuite, puisqu'il est très facile de se déplacer en Europe à très petit prix, prévoyez faire quelques voyages. Nous l'avons déjà mentionné, mais nous croyons fermement qu'explorer de nouveaux lieux, faire de nouvelles rencontres et sortir de sa zone de confort est la meilleure façon d'élargir ses horizons. Enfin, soyez ouverts d'esprit et ce, tout au long de votre échange. C'est principalement cela qui explique notre absence de choc culturel et notre adaptation des plus aisées dans notre pays d'accueil. Il faut se débarrasser de la croyance que c'est «notre» façon de faire qui est normale ou la bonne, autrement il sera impossible de profiter pleinement de tout ce que cette incroyable aventure peut nous apporter. En espérant vous avoir donné envie de faire, tout comme nous, le grand saut ! :) 

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